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Vigne à l'aube de l'hiver

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VL-005

Suspendues à l’aube de l’hiver, entre la vie et la mort, les feuilles des vignes attendent fébrilement la venue d’Atropos, la plus inévitable des trois Parques. Elles auraient mieux aimé mourir dévorées par l’astre fauve plutôt que rongées par une brise glaciale. Elles craignent l’ombre blanche et menaçante, et aiment trop les senteurs et aventures aquitaines pour quitter sans chagrin leur terre natale. Parées de leur plus beaux vêtements automnales, elles sont prêtes pour leurs noces funèbres. Elles rient froid, d’une gaieté hivernal. Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchiront les campagnes, elles s’en iront épouser le brunâtre humus. Un bien triste mariage forcé, qui portera malgré tout ses fruits lorsque les couleurs printanières flotteront dans l’éther azuré. Mourir à soi-même, pour renaître ivre de soleil, voilà la devise des vignobles bergeracois à la tombée de la saison des neiges.

Sur cette toile, c’est un fatras de robes ocres aux bordures magenta, de tenues oranges et pommes. Ah oui, les feuilles sont de véritables coquettes, gourmandes d’admiration. Les herbes, tremblotantes, sont devenues curaçao à force de sonner le glas de la chaude époque. Purifiées par la brise fraîche, elles commencent à danser sur un tapis de gazon verdoyant, tels des derviches, pour la divine cérémonie des glaces. Les ceps, nus, icebergs de larmes, sont les pleureuses outremer du sombre cortège.

Voilà que les huissiers de la nature vont sommer la vigne de vendre au sol sa splendide parure rousse, après lui avoir ôté ses raisins d'encre. Cette peinture annonce la chute des feuilles qui se consumeront comme un brasier mouillé. Comme je serais triste et seul, simple bout de bois, quand le monde glissera dans les ténèbres du froid, songe-t-elle ! Il ne me restera plus que les souvenirs du temps passé en guise de couette moelleuse ! Ce tableau reflète certes le basculement de toute la nature dans le côté obscure de la force, mais aussi l’espérance lumineuse et colorée dans le cycle immortel des saisons. Les optimistes, ou réalistes, diront qu'à l’aube de l’hiver, les vignobles opulents ne meurent pas, ils règnent éternellement sur les tables des salons, dans des bouteilles fières, ou sur des murs porteurs de belles images.

Vigne à l'aube de l'hiver
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LieuBergerac en Dordogne (France)
SupportCanvas
Format80x60
Canevas PreviewCanevas Preview
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